vendredi 24 février 2012
La rivière, la cuisine de sa mère
J’avais bien aimé la Rivière – j’en avais parlé ici – mais je n’y étais pas retournée car j’avais trouvé le rapport quantité-prix peu convainquant… Mais depuis quelques temps Richard Meier a opéré un virage tout en douceur : il a gardé sur une partie de la carte ses savories, sortes de tapas asiatiques mais pour une grande partie de la carte il revenu aux sources, la cuisine vietnamienne de sa mère.
Quand vous ouvrez la carte, oubliez les savories. Je sais c’est dur, je suis moi même toujours aimantée vers les dim sum et les poissons crus… Mais vous verrez, vous ne serez pas déçu par l’autre partie de la carte teintée non pas uniquement d'influence vietnamienne mais influencée par tous les pays d'Asie. Du côté des entrées : des raviolis de daurade, des gyoza de daurade, du sashimi de bœuf au gingembre et les rouleau de printemps self made dont j’ai du mal à me détacher : on vous apporte un joli bol rempli d’herbes fraiches classiques (basilic thaï, menthe, coriandre, salade verte…) mais aussi très originales (stevia, shiso, feuilles d’huitres…), des nouilles et selon les variations de la carte du bœuf grillé, du thon cru, des rouleaux de feuilles de bétel. A vous de garnir selon votre envie vos rouleaux de printemps. C’est un délice, c’est frais, parfumé, léger…
L’idée du plat est vraiment très intéressante : on choisi un couple plat/bouillon et en accompagnement un féculant (riz parfumé au lait de coco et au jasmin, pâtes jaunes végétaliennes à l’huile d’olive…) et un légumes (pak choï aux épices douces, purée de taro au liseron d’eau…). Le bouillon est dédié au plat, tous les éléments sont servis à part : bouillon, viande/poisson, bol de riz ou de nouilles et bol de légumes : on peut déguster tous les éléments séparément ou tout mélanger. J’ai déjà gouté le « Poulet grillé au lemon grass, bouillon au trois gingembres » et la dernière fois le « Saumon cru-cuit au cumbawa, bouillon de saumon au tamarin », tous les deux furent délicieux. Non seulement la cuisine est parfaitement exécutée mais en plus la carte est très originale : vous ne trouverez pas cette cuisine ailleurs à Strasbourg. Si vous y allez à plusieurs ne prenez pas le même plat, vous pourrez ainsi facilement piocher dans les assiettes de vos voisins pour découvrir d’autres saveurs et d’autres mariages, un bol de kimchi coréen est placé au milieu de la table pour vous permettre de vous rincer la bouche et de changer de goût d’un bol à l’autre. Comme dans les restaurants coréens la table est d’ailleurs recouverte de petits bols, la vaisselle est très jolie et les baguettes passent d’un bol à l’autre en échangeant les avis et les commentaires…
Le décor est moderne, branché, parfois un peu too much, mais l’ambiance est tamisée et chaleureuse alors même si on n’accroche pas avec tout les éléments de décoration, on passe une bonne soirée dans un cadre feutré et si on lève un peu les yeux, on découvre au plafond la carte de la Rivière des parfums, le restaurant vietnamien que sa mère tenait il y a des années à cette même adresse.
Le service fut parfait, si vous avez besoin d’aide pour décrypter la carte n’hésitez pas à poser des questions, on sera là pour éclairer vos lanternes. Seul bémol : la dernière fois on a attendu une demie heure l’addition… dommage de finir un si chouette repas sur une fausse note. Mais ça ne nous empêchera pas d’y retourner, j’ai d’ailleurs voulu y aller samedi dernier à midi pour tester la formule déjeuner (un bol de bouillon, une liste d’ingrédients, à vous de choisir ceux que vous souhaitez mettre dans votre bouillon) malheureusement c’est fermé le samedi midi…
N’hésitez pas à y aller, vous ne serez pas déçu, c’est une cuisine parfumée, fine, légère et délicieuse… et vous n’aurez pas faim en sortant ;) Je pourrais en faire ma cantine, je suis vraiment convaincue !
La Rivière
3 Rue Dentelles
67000 Strasbourg
Téléphone : 03 88 22 09 25
Prix :
Entrées 8 à 12 euros
Plats 17 à 23 euros
dimanche 19 février 2012
Petite salade du moment : comment faire aimer le fenouil aux plus réfractaires
… et je fais partie des plus réfractaires ! Le fenouil je n’en mangeais pas jusqu’à il y a quelques semaines et un soir où N. a fait pour la première fois cette petite salade. J’y ai gouté du bout de la fourchette et j’ai été surprise et ravie ! Depuis c’est moi qui glisse du fenouil dans le panier des courses et je lui ai déjà redemandé deux fois de refaire cette salade. Si vous aussi vous regardez le fenouil de loin, veillant à garder vos distances avec lui, essayez cette salade !
La recette est inspirée d’une recette du livre « L’appareil » que j’ai offert à Noël à N. et dont il a déjà testé plusieurs recette, notamment le « Tian de homard, vinaigrette au miso » qu’il a transformé pour mon anniversaire en queue de homard entière, miettes de homard à la mayonnaise au miso (dé-li-cieux !). Ce livre regroupe des menus crées par des chefs québécois et illustrés à chaque fois en BD par des illustrateurs différents. Un beau livre, à mi chemin entre le livre de cuisine et la bande dessinée qui regorgent de chouettes recettes. Au rayon du sucré j’ai notamment noté la terrine de citron au sarrasin, la tarte au fromage de chère et chutney d’ananas et cardamome et la nage de framboise au parfum de réglisse, sablé au sarrasin, mousse au chocolat blanc citronné, sorbet à la framboise et au Campari…
Salade de fenouil à l’huile d’argan et chèvre frais
D’après une recette d’Olivier de Montigny, livre l’Appareil aux éditions de la Pastèque
En entrée pour deux personnes, à réaliser (et surtout assaisonner) au dernier moment
½ bulbe de fenouil
½ oignon nouveau
Un petit morceau de parmesan
Du chèvre frais
Huile d’argan
Vinaigre balsamique blanc
Huile de tournesol
Emincer finement le fenouil, faire de même avec la partie blanche de l’oignon nouveau et avec la moitié (ou un peu moins) de la partie verte. Mettre dans un saladier, assaisonner avec un mini filet d’huile d’argan, un petit filet de vinaigre balsamique et un bon filet d’huile de tournesol. Bien mélanger.
Disposer une bonne poignée de cette salade dans chacune des assiettes, ajouter quelques copeaux de parmesan réalisés à l’économe et des morceaux de chèvre frais.
Servir immédiatement.
Homard, mayonnaise au miso
mardi 7 février 2012
L’indétrônable crêpe au sucre et au jus de citron
Je n’ai jamais été très douée pour faire des crêpes à la chandeleur mais cette année N. y a pensé pour moi. Quand j’étais enfant, ma mère en faisait de temps en temps et ne ratait pas trop souvent la chandeleur mais en fait, c’est surtout ma grand-mère qui faisait sauter les crêpes. Quand on allait dormir chez elle, elle ne nous demandait jamais ce que l’on voulait manger mais elle préparait à coup sûr des crêpes et il n’y en avait pas une qu’elle ne faisait pas sauter au dessus de la cuisinière à gaz. Elle en mangeait quelques unes avec son thé au citron en guise de dîner et nous on se régalait de crêpes avec un verre de lait ou un bol de chocolat chaud. Elle avait toujours de la confiture mais elle avait aussi toujours un demi citron au frigo qui attendait perché sur le presse agrume l’heure du thé. Et moi je n’aimais pas les crêpes à la confiture mais j’adorais quand elle me préparait des crêpes au sucre et au citron. Je ne mangeais que celles là : un peu de sucre semoule, un trait de jus de citron jaune, on roule la crêpe ou on la plie, selon son école, sa religion ou son habitude et on mord : les grains de sucre crissent et le jus de citron réveille les papilles. Y’a pas meilleur. Aujourd’hui encore c’est comme ça et pas autrement que je préfère mes crêpes sucrées.
Mais quand le soir de la chandeleur j’ai retrouvé C & L dans le train, qu’elles m’ont dit qu’elles aussi avaient prévu de faire des crêpes ce soir (gènes bretons obligent ^^) et que C. m’a dit « Je suis passée acheter un pot de lemon curd avant de prendre le train, j’en ai pris deux, tu en veux un ? », j’avoue que je me suis laissée tenter (Merci C. !). Quelques heures plus tard et quelques crêpes salées plus tard quand j’ai fait l’état des lieux du frigo, j’ai déposé sur la table en plus du pot de lemon curd, une demi grenade (la première moitié avait été cuisinée la veille par N. dans un délicieux et délicat magret de canard à la mélasse de grenade et à la grenade) et des framboises décongelées (mon petit luxe hivernal quand je sature des pommes dans mon yaourt le matin). La crêpe au lemon curd, à la grenade et aux framboise s’est avérée délicieuse, elle n’a certes pas le parfum du souvenir et des diners sur la toile cirée dans la cuisine de ma grand mère mais si un jour vous vous retrouvez avec dans votre frigo du lemon curd, de la grenade et des framboises et que par dessus tout vous avez comme une envie de crêpes, pensez y, c’est très sympa !
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dimanche 5 février 2012
Potatoes de cerfeuil tubéreux
Jusqu’à cette année j’avais du mal à dénicher du cerfeuil tubéreux, du coup j’avais demandé gentiment à beau-papa d’en planter dans le jardin mais ça n’a jamais poussé (comme il baisse difficilement les mains en matière de potager, il retente le coup cette année, on verra ce que ça va donner !). Qu’importe, cet hiver on en trouve très souvent à Grand Frais du coup je le cuisine de temps en temps : encore un autre légumes à la palette des légumes d’hiver, je commence à me demander si on n’a finalement pas plus de choix en hiver qu’en été ! J’aime particulièrement l’éplucher et découvrir sa chair si blanche sous cette peau si noire. Comme le cerfeuil tubéreux est très doux, cette version en potatoes relevées avec du pimenton (paprika fumé espagnol) était très sympa et visuellement l’illusion était parfaite.
Pour en savoir plus sur le cerfeuil tubéreux, l'article d'Estèbe
Potatoes de cerfeuil tubéreux
Accompagnement pour 3 personnes :
600g de cerfeuil tubéreux
½ cuillère à café de pimenton fort
½ cuillère à café de pimenton doux
1 cuillère à café d’herbes de Provence
Sel
2 cuillères à soupe d’huile d’olive
Préchauffer le four à 200°C.
Peler et laver les cerfeuils tubéreux, les couper en quartiers, les mettre dans un sac congélation. Y ajouter les pimenton, les herbes, le sel et l’huile. Fermer le sac hermétiquement et bien secouer pour tout répartir uniformément sur les quartiers de cerfeuil.
Mettre dans un plat allant au four et cuire environ 15 minutes à 200°C.
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mercredi 1 février 2012
Complètement baba!
La première fois que j'ai découvert ce baba dans leur vitrine je n'ai pu y résister et une sorte d'addiction est apparue : depuis je suis souvent passée chez eux juste pour un baba (parfois dégusté ensuite dans la rue pour le goûter) ou plusieurs (ramenés à la maison histoire de me dispenser de réaliser le dessert). Il y a aussi eu quelques déceptions les jours où j'arrivais trop tard et qu'il n'y en avait plus plus - ensuite j'ai pris l'habitude de les faire mettre de côté. Un baba alcoolisé juste comme il faut, servi avec une petite touche de chantilly mais surtout avec une crème vanillée souple, onctueuse et tout simplement parfaite. Cette crème, je ne connais pas son secret mais j'en rêve. Le tout dans une verrine ce qui pour une fois n'est pas incongru et même drôlement pratique surtout quand on a prévu de savourer son baba en marchant (chose qui fut moins aisée à Sienne où un autre des meilleurs babas qu'il m'ait été donné de manger - bien différent ce celui ci - m'avait laissé la peau collante lorsqu'à la première bouchée son sirop très sucré mais bien équilibré en rhum avait doucement dégringolé le long de mes doigts, de mes mains et de mes avants bras, heureusement ma robe n'avait pas été tachée).
L'adresse: Naegel - 9 rue des orfèvres - 67000 Strasbourg
Et vous, quel est votre baba préféré?
Pour les faire maison, ne ratez pas le petit livre d'Estérelle !
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